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Live-Report : Muscadeath MMXXVI

Photo du rédacteur: Noire Lemag
Noire Lemag
il y a 6 jours
6 min de lecture


La nouvelle cuvée du Muscadeath s'est écoulée les 18 et 19 septembre, en plein cœur du vignoble nantais. Cette dégustation de metal extrême avait tout pour plaire, déjà dès les premières annonces, puisque tous les arômes du black et du death actuels pouvaient y être goûtés. Et c'était la toute première fois pour votre noire sorcière des internets, avide de découvrir et de vous partager ses impressions de ces festivités, plutôt alléchantes sur le papier...


Après avoir garé la Noiremobile sans encombre, j'ai été accueillie comme le pape à Paris et soudain chargée de victuailles (muscadet offert). Puis, ne traînant pas, je suis allée mener l'interview de Merrimack (que vous lirez tout bientôt) avant de me rendre dans le saint des saints, à savoir l'intérieur de la salle du Champilambart, pour m'imprégner de l'aura du festival (comprenez : acheter une bière pour l'apéro). MARKET

Tout en sirotant cet élixir houblonné, j'ai déambulé dans les allées du merch. Ce que j'y ai vu, vous n'allez pas le croire ! Des stands, effectivement, qui se coudoyaient là, sans ordre particulier, avec moult livres, vinyles et autres bijoux, qui attendaient sur ces étalages, leur futur propriétaire. Les Editions des Flammes Noires, Frozen Records, le Djevel Tattoo Club ou L'Ordalie Noire étaient donc présents pour mon plus grand plaisir et ceux des âmes égarées entre deux concerts, prêts à converser ! Mais, hélas avec une petite nuance, on ne s'entendait guère dans cet espace accolé à la scène et j'ai été hélas obligée de screamer dans les oreilles de mes centaines d'interlocuteurs, découvrant avec stupeur que je ne suis pas aussi douée qu'Hulder en la matière... Ce petit désagrément écarté, je note une belle variété de choses à se procurer, avec une attention apportée envers les acteurs de la scène extrême locale.


RESTAURATION ET BAR


Petit point sur la partie fooding et biering, qui font souvent débat dans ce genre de festivités. Je ne dirai pas que j'ai mangé le meilleur sandwich de ma vie, mais force est de constater que les produits locaux étaient à l'honneur, ce que j'apprécie toujours. En effet, même s'il s'agit là d'un festival plutôt destiné aux amateurs du milieu metal extrême, l'évènement s'ancre dans son environnement en valorisant la gastronomie du terroir, faisant rayonner ce petit coin de France.


Je ne m'attarderai pas sur la boisson, que je n'ai pas tellement apprécié. Cependant, je suis plutôt fine bouche en la matière, m'attardant plus volontiers sur les bières craft et autres potions farfelues, plus que la bière de soif, proposée souvent dans ce genre de bamboches. MUSIQUE


Bon, je pense qu'on a suffisamment évoqué ces éléments annexes. Il est temps de se focaliser sur la programmation musicale de cette XXIVème édition du Muscadeath. C'est Prieuré qui a commencé à distiller ses ondes black metal sur scène. Comme c'était la deuxième fois que je les voyais, point de surprise : le set fut gorgé de riffs issus de leur album Jusqu'au bénitier, sorti en 2025. Une prestation rondement menée par le quatuor, qui nous a tout de suite embarqué dans leur univers, entre légendes et traditions françaises. Musicalement, une belle fessée, ouvrant le bal du vignoble avec talent.


Le prochain set auquel j'ai assisté c'était celui des Bâtards du Roi. En effet, j'ai raté les mineurs de Galibot puisque j'étais occupée à converser avec Archeon de 1349 (une interview à paraître bientôt également). Donc, après cet échange fort passionnant, je me suis postée devant le groupe orléanais, signé chez Les Acteurs de L'Ombre, découvrant la nouvelle prestation scénique qu'ils nous avaient préparés, avec vrais/faux vitraux à la clef et mettant en scène leur bassiste, que je n'avais encore jamais vu. Sans aucune surprise, les Bâtards ont enchaîné les bangers, dont Les chemins de l'exil, mais ont également joué quelques nouveautés, qui viennent apporter un peu de fraîcheur dans un set déjà bien rôdé. Evidemment j'ai apprécié l'histoire, qui confirme encore un peu plus mon attrait pour leur musique mélodique, dont l'efficacité n'est plus à prouver.


Puis, ce fut au tour de Gorgon de répandre ses tentacules black metal dans les esprits des spectateurs. Tentacules symboliquement représentées par la virevoltante queue de cheval de la bassiste, faisant bien évidemment tourner les têtes de la foule. Outre cet aspect, la prestation fut à l'image de celle que j'ai pu découvrir au Berry Metal Fest quelques mois plus tôt, à savoir une démonstration de rapidité, de violence et de noirceur, qui démontre que la longevité du groupe rime avec la qualité de ses lives. Assurément, c'est toujours un plaisir que de revoir le quatuor sur scène, tellement que je suis repartie avec ma cassette numérotée au merch (et oui, je suis REELLEMENT investie dans la scène, pas quand ça m'arrange ou pour faire des vues sur les réseaux sociaux des zinternets).


Plus obscur encore, plus sale, la prochaine formation prévue au programme était Merrimack, un autre taulier de la scène BM française, officiant déjà depuis plus de trente ans dans les salles underground. Evidemment, je me languissais de découvrir le groupe sur scène, dont les miasmes m'avaient déjà profondément enivrée à travers leurs enregistrements. L'intoxicaton s'est poursuivie dans la vraie vie, avec une démonstration de pur black metal, extrême, jusqu'au boutiste, brut et résolument occulte. Un concert qui laissera une cicatrice béante sur ma peau.


En parlant de cicatrice, le dernier groupe du vendredi en laissera plusieurs et à tous les titres. Tête d'affiche de la journée black, et pas des moindres, 1349 a tout défoncé sur son passage, en entraînant avec eux dans les abysses les slammeurs les plus intrépides. Oui, pendant ce set illustrant la majesté de la scène BM norvégienne, des cascadeurs de l'extrême se propulsaient sans s'arrêter depuis le plateau. Cette pluie de sauteurs ne m'a pas empêchée d'apprécier le set, puisque nous n'étions pas à un concert de Taylor Swift. Si Merrimack m'a laissé des cicatrices, 1349 a enfoncé le clou, en proposant un live d'une qualité sans nom, qui m'a remué la tripaille comme jaja et c'est dire, car je deviens de moins en moins impressionnable. Mais, mais la plus grosse plaie ce soir-là, c'est bien l'ABSENCE DE FROST à la batterie. Une terrible déception pour moi, qui me faisait une joie de le voir derrière les fûts. C'est dans cette ambiance mi-figue mi-raisin que la journée s'est achevée dans le vignoble nantais.


La journée death du samedi a-t-elle apporté son lot de surprises ? Etait-je chokbar au Champilambart ? Je vais vous avouer que la scène death est loin d'être ma tasse de muscadet, mais je tenais quand même à être présente, pour étancher ma soif de musique, toujours bien grande, comme vous le savez. J'ai donc assisté à quelques concerts et je vous partagerai surtout ici mes coups de cœur de ce samedi bien garni.


Voici que dès mon arrivée, je me suis postée devant Repurgator, un groupe issu des cohortes de L'Ordalie Noire. Une belle entrée en matière, tenant ses promesses, avec un death hyper bien calibré, avec des riffs totalement sauvages. Et oui j'ai headbangué moi aussi, preuve de mon appréciation envers leur son totalement brutal, enivrant la foule dès les premières mesures. Puis, autre sujet intéressant ce jour-là : Brutal Sphincter. Cette curiosité sonique (en ce qui me concerne) a été plutôt distrayante, entre pig squeals et autres jeux de circle pits avec le public. Même si ces ambiances me laissent généralement de marbre, je trouve ça plutôt sympa de voir l'enthousiasme général à participer et interagir avec le groupe, rendant la prestation dynamique et amusante. Le grand final où la fosse est invitée à rejoindre les musiciens sur le plateau était vraiment pas mal ! Dernier coup de cœur de la journée : Master ! La formation death/thrash a proposé un set solide avec de multiples distorsions et effets de guitare, qui m'ont vraiment plu. C'était hyper technique, chiadé et on sent que les bougres connaissent leur sujet sur le bout des doigts, imbibés de leur longue carrière.


BILAN


Alors, le Muscadeath 2026, était-ce un grand cru ? Noire répond oui à cette question. Ces deux jours ont été une belle entrée en matière, en ce qui me concerne, avec un déploiement fort varié de toutes les cuvées du metal extrême, entre grind et black, collant à l'énergie de tous les publics qui s'y sont pressés. J'ai bien noté lors de la conférence médias que derrière l'affiche, une bande de passionnés se démène pour offrir un évènement qualitatif, à leur image et ancré dans le tissu local. Voici là une démarche fort intéressante, qui tend également à pérenniser, en essayant de capter au passage les générations plus jeunes qui seront les futurs porteurs de cet engagement fort envers la culture underground. Noire aurait aimé aussi plus de valorisation des artistes visuels dans les stands, pour pouvoir soutenir un peu plus les acteurs parallèles aux groupes de musiques, qui se font torpiller par l'Intelligence Artificielle, un peu plus chaque jour. Peut-être que cette petite graine d'idée portera ses fruits lors de la XVème édition du festival ? Une édition qui sera très certainement célébrée en grande pompe et à laquelle, je participerai assurément, puisque ces festivités étaient plutôt...enivrantes.


Merci à M&O Office et au Muscadeath pour la confiance accordée et ces très bons moments partagés.









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